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mardi 6 octobre 2015

[Bosc, Adrien] Constellation

Constellation
D'Adrien Bosc



Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. 
Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend "nécessaire" ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? 

Le Constellation F-BAZN a décollé le 27 octobre 1949 avec à bord 37 passagers et 11 membres d'équipage. Direction les États-Unis. Afin d'effectuer un ravitaillement, l'avion devait faire escale sur une île des Açores. Le problème, c'est que la tour de contrôle perdra son signal et que le lendemain, on découvrira que l'avion s'est écrasé, emportant avec lui tous ceux qui étaient à bord.  
A bord, justement des personnalités telles que Ginette Neveu, la célèbre violoniste, Marcel Cerdan, le célèbre boxeur et amant d'Edith Piaf etc, ainsi que des personnes totalement anonymes qui partait pour raison professionnelle ou familiale en Amérique. 

Dans ce roman fort et puissant, au rythme rapide, Adrien Bosc nous raconte le déroulé du crash entrecoupé, par l'histoire des personnes qui étaient à bord. 
Si au début, les premiers consacrés à l'avion en lui même et à la technique ne m'ont pas emballés, très rapidement il en a été tout autre, lorsque l'auteur nous parle, petit à petit, des passagers et de leurs vies avant le crash. 
Tous les chapitres ne m'ont pas fait le même effet. Certains m'ont plus passionnés que d'autres. Mais, il n'en reste pas moins que j'ai énormément apprécié ce texte, cette histoire et ce qu'en a fait l'auteur. 

J'ai aussi apprécié la plume de l'auteur, travaillée sans être soutenue, mais d'un bon rythme. J'ai littéralement engloutie se roman et je ne regrette aucunement m'a lecture.
J'ai totalement compris et adhérée à l'engouement de la critique face à cette oeuvre. 

Je vous invite à découvrir ce texte, si ce n'est pas déjà fait. 

samedi 3 octobre 2015

[Birgisson, Bergsveinn] La lettre à Helga

La lettre à Helga 
De Bergsveinn Birgisson 



« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.

Je viens de vivre un moment de poésie inoubliable. Un moment intense qui m'a bouleversé sur plusieurs niveaux : émotionnellement par rapport à l'histoire de Bjarni et de ce qu'il nous raconte dans cette longue lettre, que par rapport à l'émotion que j'ai ressentie littéralement parlant face à une plume des plus magnifique et bouleversante. 

Bjarni est un éleveur de mouton dans la campagne islandaise. 
Au soir de sa vie, Bjarni écrit une longue lettre (qui raisonne telle une confession) à Helga son grand amour, sa voisine il fut un temps. Unnur, la femme de ce vieux paysan attaché à sa terre, à son village et à ceux qui y vive, est morte après cinq ans de longue souffrance. Helga quant à elle a perdue son époux il y a un an, d'un cancer. 
De retour dans sa maison, pour des vacances, la fenêtre donnant sur l'ancien jardin d'Helga et de son mari, Bjarni devient nostalgique et décide d'écrire à la femme qu'il a toujours aimé. 

Dès les premières lignes de cette lettre à Helga, j'ai su que j'allais passer un moment magnifique tant la plume, poétique de l'auteur, parlait à mon cœur. En quelques mots, j'ai été conquise par le talent de l'auteur est le reste du récit a confirmé cela.

Avec ce récit, on en apprend davantage sur la vie d'éleveur islandais dans les années 40. On comprend ce qu'était la vie alors, ces enjeux, ses non-dits. Bref, la vie quoi.... On découvre l'Islande, son histoire aussi.
Cette lettre c'est aussi de l'amour à l'état pur : pour une femme, pour une terre... Bjarni oscillera sans cesse entre les deux, jusqu'à sa décision finale.
Alors certes, je n'ai pas compris qu'il renonce à l'amour de sa vie, pour sa terre ! Par amour, je serais prête à tout, à tout quitter, à changer de vie... donc Bjarni m'a semblé pas si amoureux que ça, au final, mais j'ai compris aussi que sa culture, sa vie l'avait forgé différemment de moi, et que même si il avait refusé de suivre Helga, il ne l'avait pas moins aimé pour autant. 

Amour rime avec beauté, émotion mais aussi avec souffrance et, à travers cette lettre, c'est ce que l'auteur, de sa plume splendide, essaye de nous transmettre, de nous faire comprendre. 
Ce livre se déguste comme une gourmandise, il nous émeut aussi et au final, les pages défilent seules, et quand on arrive à la fin, notre coeur à chavirer, est blessé aussi, égratigné. 

L'amour, ce sentiment si merveilleux, si douloureux, dont aucun être vivant ne peut (ni ne veut) se passer est ici chanté avec brio. Mon cœur, mon corps en frissonnaient. Pour rien au monde, je ne voudrais ne plus aimer et ne plus ressentir toutes ces choses qui font que l'on se sent vivement !

Un ouvrage poignant, une plume saisissante, un lettre émouvant. Bref, un coup de coeur ! 

J'ai eu le plaisir de partager cette lecture avec mon amie, ma sœur, Anne Sophie, dont je vous invite à découvrir l'avis en vous rendant là-bas. 



vendredi 2 octobre 2015

[Vann, David] Impurs

Impurs
De David Vann



Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s'attache à faire revivre un passé idéalisé et l'étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation.
Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l'accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l'obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l'explosion.
Une fois que la noirceur de chacun se sera révélée au grand jour, rien ne pourra plus les préserver du pire.

Bon c'est dit, je suis totalement sous le charme de la plume de David Vann et de sa verve, de son imagination. Impurs est le second livre de l'auteur que je lis et, au-delà de son talent, ce que je ressens à la lecture de ses œuvres c'est un malaise, certes, mais un bouleversement dans tout mon être.

Galen à vingt-deux ans, il vit en compagnie de sa mère Susie dans une bâtisse du désert californien. Lui reste par soucis financier, mais sa mère le retiens car elle ne veux pas être seule ; elle garde Galen près d'elle tantôt le considérant comme son fils ou bien comme un homme... Galen lui, essaye tant bien que mal de lutter contre ses pulsions sexuelles.
Entouré seulement de femmes :  sa grand-mère ayant de l'argent, qui perd la tête et qui est internée dans une maison de retraite, sa tante Helen jalouse et très spéciale qui convoite les possessions des autres, sa cousine Jennifer, très sexy mais au cynisme détonnant... il tente d'échapper à tout cela, avec une spiritualité fumeuse, qui franchement, avouons-le n'est pas au top, et qui n'empêchera pas les choses de basculer.

Comme avec ma précédente lecture de l'auteur, je ressors de celle-ci épuisée, au bord de l’écœurement. David Vann côtoie la folie et nous entraîne, avec lui, dans ce qu'il y a de plus noir chez l'être humain. 
Avec David Vann, on comprends que la famille est toxique, que le mal pointe en chaque être et qu'il suffit d'un rien pour plonger totalement dans la folie, le sadisme et l'horreur. 

Galen est un jeune homme pour qui le spiritisme fait entièrement partie de sa vie. Il souhaite atteindre le Nirvana, jusqu'à pousser son corps et son esprit aux limites de l'entendement.
Si le malaise est là dès le début du livre (haine, mépris, jalousie, tensions sexuelles, mensonges et secrets) celui-ci va crescendo, comme il en avait déjà été le cas avec Sukkwan Island. 

Ma lecture fut tendue, émotionnellement et même physiquement. La nausée pointait son nez, le dégoût et la colère aussi. Quand la dernière page fut tournée, je me suis retrouvée exténuée, sans force... J'avais l'impression d'avoir perdue mon illusion et quelques années de ma vie. 
David Vann est un de ces auteurs qui vous bouleverse, qui vous malmène et dont vous n'oublirez jamais les récits qu'il vous offre. 
Avec lui, vous comprenez ce qu'est la réalité de la vie et son horreur, son sadisme. Quand on ressort d'une lecture d'un ouvrage de l'auteur, on a qu'une envie c'est de profiter de la beauté de ce qui vous entoure et de vous jeter dans les bras des êtres qui sauront vous rassurez ! 

Les histoires et la plume de David Vann trouvent échos en moi... ses livres me transforme et efface, à chaque nouvelle lecture, un peu plus l'enfant qui est en moi. 
Je n'ai qu'une envie c'est que vous lisiez ce roman, ou tout autre de l'auteur, que vous vous livriez totalement à lui, afin de vous laissez envahir par sa force et sa noirceur. 
Un coup de coeur, une fois de plus. 

  

jeudi 3 septembre 2015

[Nothomb, Amélie] Le crime du Comte Neville

Le crime du Comte Neville
D'Amélie Nothomb



Cette année, Amélie Nothomb fait sa rentrée avec un conte de fées virant à la tragédie grecque. "Le crime du comte Neville" raconte l'histoire d'une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d'une voyante rencontrée à l'issue d'une fugue qui n'en est pas une. 

Ah Amélie Nothomb ! Ma petite chouchoute ! Celle dont je sais qu'à chaque rentrée littéraire, l’œuvre va me faire passer un moment intense et délectable. 
Je me suis donc, comme toujours, littéralement jetée sur son nouvel ouvrage. 

Dans ce roman-ci, nous faisons la connaissance du Comte Henri Neville et de sa famille : Alexandra sa femme, Sérieuse, Oreste et Electre. Remarquez une fois de plus, l'originalité des prénoms des personnages de notre Amélie ! 
Comme chaque année, une garden-party est organisée dans ce vieux château. Cette future garden-party sera la dernière, puisque malheureusement la famille Neville doit abandonner ce château, faute de moyen.
Sérieuse, une nuit, est récupérée par une voyante alors qu'elle voulait s'isoler seule dans la forêt et y passer la nuit. Henri, allant chercher sa fille chez cette femme, apprends qu'il tuera un de ces invités lors de la garden-party. 
Mais très vite, la jeune Sérieuse, qui a entendu la prédiction de la vieille voyante, demande à son père de la tuer elle, lors de cette fête car depuis ces 12 ans elle ne ressent rien, plus rien et ne veux plus continuer à vivre... Après négociation et supplications, Henri finit par accepter. Mais vous vous en doutez, avec notre sacrée Amélie, les choses ne vont pas se dérouler ainsi ! 

Bon, je vous le dis tout de suite, j'ai adoré ! Même si, comme à chaque fois avec Miss Nothomb, je reproche la minceur de ses livres (j'aime tellement que j'aimerais que ça dure), j'ai encore passé un excellent moment, drôle et noir à souhait. 
Oui, avec ce livre il faut aimer l'humour noir et aimer la loufoquerie ! Mais bon, qui me connait sait que je suis totalement déjantée et que je suis le bon public pour les romans de notre belge adorée.

Non seulement j'ai apprécié le personnage de Sérieuse, dont je me suis mise à la place facilement. Mais j'ai totalement adorée Henri Neville. Si au début du roman il semble être un père peu soucieux de sa progéniture et complètement à côté de la plaque. Mais au fur et à mesure de l'avancer du récit, Henri s'ouvre et s'inquiète. Il se révèle être un homme et un père à l'écouter. Bon ok, il est aussi totalement barré mais, entre nous, qui ne l'ai pas de nos jours ? 

Comme d'habitude, j'ai aimé la plume d'Amélie et son style si personnel, à la limite de la folie parfois. J'ai ris, mais j'ai aussi été émue. N'est-ce pas ça que provoque en vous un chef d’œuvre ?
Et comme toujours aussi, la fin m'a totalement subjugué. Elle est douée notre Amélie Nothomb !

Le petit plus de cette lecture, fut pour moi, de la partager avec ma p'tite soeur Anne Sophie. Lire un livre et pouvoir en papoter en direct et face à face, quel kiffe ! 
J'ai donc aimé cette lecture et je l'ai savourée comme un bon gâteau au chocolat. 

Si vous souhaitez découvrir l'avis d'Anne Sophie, c'est par ici



vendredi 28 août 2015

[Rash, Ron] Une terre d'ombre

Une terre d'ombre
De Ron Rash



Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère — revenu de la Première Guerre mondiale amputé d’une main —, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d’un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit: rien n’y pousse et les malheurs s’y accumulent. Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu’une sorcière. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d’une flûte en argent. L’action va inexorablement glisser de l’émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l’ignorance et à la peur d’une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.

Ron Rash... Pour ceux qui s'intéresse au "Nature writing" c'est un peu comme une référence, un synonyme. Du coup, comme j'aime la nature et que je m'intéresse à ce genre littéraire, j'ai eu franchement envie de découvrir cet auteur. 

Laurel et son frère aîné Hank vivent dans un vallon aride, que beaucoup dans leur coin considèrent comme maudit. Laurel n'est-elle d'ailleurs une tache de naissance sur son visage ? Hank qui s'est battu lors de la guerre n'y a t-il pas perdu sa main ? Les conditions ne sont-elles difficile ? 
Pourtant, ils sont là tous deux, vivant ou essayant de vivre, travaillant à leur ferme. Même si Laurel est considérée un peu comme une sorcière du fait de cette tache la défigurant, Hank attire plutôt la compassion car il a combattu les Allemands (nous sommes en 1918) et que ces derniers sont plutôt détesté de par le monde ! 
Hank est sur le point de se marié et Laurel rencontre, inopinément dans le vallon, un homme mystérieux, peu prolixe et qui joue de la flûte. Elle en tombe amoureuse et Hank semble plutôt ravi... mais, la vie n'est pas rose et c'est ainsi que l'auteur nous entraîne dans une histoire qui n'a rien d'un conte de fée. 

Que dire véritablement de cette lecture ? Je pense sincèrement que, pour moi, ce n'était pas forcément le bon moment pour découvrir ce roman. J'avais effectivement beaucoup trop de chose en tête et du coup je n'ai pas apprécié, à sa juste valeur ce récit. J'ai un peu vécu cette lecture comme celle d'un classique... même si j'aime les classiques, j'avoue ne pas m'y plonger dans n'importe quelles conditions. 

Si la plume de l'auteur est travaillée et intéressante, j'ai eu un peu de mal avec les longueurs. Même si les descriptions (et croyez-moi habituellement, les descriptions dans un texte, j'adore) sont parfois intéressante notamment sur ce qui est du paysage, du vallon (personne à part entière de l'histoire), j'ai parfois eu du mal... j'avais limite envie de passer certains passages. 

Concernant les personnages, j'ai bien apprécié le personnages de Laurel, qui est torturée, manque de confiance en elle et est une femme forte pourtant. Hank est certes plus bourru, mais non moins humain, avec des sentiments qui parfois lui échappe, lui qui souhaite tant camoufler ce qu'il ressent. 

Pour autant, malgré tous ces points plus ou moins positifs, j'avoue ne pas avoir apprécié cette lecture. Non pas forcément de la faute de l'auteur, mais plutôt d'un mauvais choix de ma part et d'un mauvais timing ! 
J'avoue ne pas avoir réellement compris pourquoi ce roman avait été classé dans Policier chez Points.
J'essayerais sans aucun doute un autre ouvrage de l'auteur mais pas dans l'immédiat. 

J'ai partagé cette lecture avec Anne Sophie, qui si je ne me trompe pas à un avis plutôt similaire au miens (vous en doutiez ?), Je vous invite à lire son avis ici




samedi 22 août 2015

[Redmond Satran, Pamela] Younger

Younger
De Pamela Redmond Satran



Alice, quarante-quatre ans, s'ennuie. Maintenant qu'elle est divorcée et que sa fille a quitté la maison pour faire du volontariat en Afrique, elle rêve de changer de vie. À la veille du Nouvel An, elle part retrouver son amie Maggie à Manhattan. Cette dernière prend les choses en main au cours d'une séance de transformation : coupe de cheveux, maquillage, tenue... Métamorphosée en jeune femme, Alice a du succès et rencontre Josh, un bel étudiant qui pourrait être son fils. Se prenant au jeu, elle décroche un job d'assistante marketing dans la maison d'édition où elle avait commencé à travailler vingt ans plus tôt. Tout le monde lui donne vingt-neuf ans, y compris Josh, de plus en plus amoureux. Mais cette nouvelle vie n'est pas sans risque et tout peut basculer à chaque instant, surtout lorsque la fille d'Alice décide de rentrer soudainement... Younger dresse le portrait drôle et juste d'une femme qui s'autorise enfin à vivre la vie dont elle rêve. Un véritable guide pour toutes celles qui n'ont pas renoncé à un nouveau départ, quel que soit leur âge.

J'avais besoin d'une lecture fraîche, qui ne demande pas forcément à ce que le cerveau soit en mode connecté et surtout une lecture qui me ferait oublier mon quotidien.
Quand ma petite soeur de coeur, Anne Sophie m'a offert Younger afin que l'on puisse faire une lecture commune, j'ai sauté sur l'occasion. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cette lecture fut distrayante et qu'elle a remplie sont contrat. 

Alice est une femme de 44 ans mais qui à la chance de faire plus jeune que son âge. A l'ouverture du roman, elle est à un tournant de sa vie. Trop souvent elle s'est mise de côté pour les autres et, c'est maintenant qu'elle est divorcée et que sa fille a grandit qu'elle décide de prendre soin d'elle et de penser à son bonheur. 
Le soir du nouvel an, Alice et sa meilleure amie, sortent ensemble. Alice, tout juste relookée par sa meilleure amie, semble avoir une petite vingtaine d'année. C'est là, dans ce bar, qu'elle va rencontrer Josh, 25 ans. Et là, sa vie va prendre un autre tour. Elle va se faire embaucher dans son ancienne maison d'édition, incognito et va devoir garder son secret. 

Je suis totalement friande de comédie romantique ! Ok, je l'avoue c'est totalement nunuche, mais les film ou les bouquins de ce genre comblent mon côté fleur bleue et romantique. Imaginez-vous que je suis fan d'Hugh Grant depuis des années et j'ai dû voir tous ces films une bonne centaine de fois ! 
Tout cela pour vous dire que je suis le bon public pour ce genre d'histoire. 
Ce que j'ai énormément apprécié dans cette lecture c'est que le personnage d'Alice a un vécu ; ce n'est pas une midinette tout trois sortie de je ne sais où et qui ne connait rien à la vie. Elle n'est pas idiote, à de la réflexion et c'est une battante ! Je me suis facilement mise dans sa peau et du coup, la lecture fut fluide et ce roman un vrai moment sympathique. 
J'ai également adoré le personne de Josh ! C'est un charmeur, qui ne se doute pas un instant de qui est véritablement Alice. Mais il est tout gentil et sa relation avec Alice est vraiment belle. 

L'histoire a pris une tournure à laquelle je ne m'attendais pas et j'ai vraiment apprécier cela. Pour le coup, je fus surprise et c'est ce qui rajoute un bon point à ce livre. 
Les derniers chapitres m'ont émus et j'en ai aimé d'autant plus le personnage d'Alice. 
La plume de l'auteur est vraiment agréable également. Il y a un bon rythme et c'est donc impossible de s'ennuyer. Arrivée au dernier chapitre, je n'en revenais pas que ce soit déjà la fin... je n'avais pas vu le temps (ni les pages passer). 
J'ai déjà hâte de pouvoir visionner la série, afin de retrouver les personnages. 

Vous l'aurez donc compris, je vous conseille ce roman, bien sympathique qui saura vous faire passer un excellent moment de détente. Je suis ravie de l'avoir découvert. 

J'ai partagé cette lecture avec Anne Sophie. Et je vous invite à lire son avis, ici même


samedi 15 août 2015

[Brocas, Sophie] Le cercle des femmes

Le Cercle des femmes
Sophie Brocas



Lia vient d'avoir vingt ans. À la mort de son arrière-grand-mère, elle se retrouve dans sa maison de famille, dans les Landes, avec sa mère, sa grand-mère et la meilleure amie de la défunte. Durant ces quelques jours de funérailles, de deuil et d'intimité partagée, vient le moment d'échanger ses souvenirs, mais aussi de mettre de l'ordre dans les affaires de l'aïeule. Lia découvre à cette occasion des carnets de notes et des lettres soigneusement consignés dans une boîte à chaussures. À sa grande surprise, ces écrits relatent une version bien différente de la disparition du mari de son arrière-grand-mère que celle racontée depuis toujours dans le cercle familial. Poignantes, ces lettres révèlent surtout un destin brisé par la honte et le chagrin. Lia doit-elle garder pour elle un secret jalousement protégé pendant soixante ans par son arrière-grand-mère ? Ces révélations ne risquent-elles pas de déclencher un cataclysme parmi ces quatre générations de femmes ? Et que faire de l'image si lisse, et en vérité si faussée, qu'elle avait de cette très vieille dame ? Comment lui pardonner son mensonge ? Les conséquences de cette falsification de l'histoire familiale s'éclairent peu à peu dans l'esprit de la jeune fille et bousculent son propre rapport à la famille, aux hommes, à l'amour. Car c'est toute une lignée de femmes qui semble en avoir été victime, en porter les stigmates. Roman initiatique, Le Cercle des femmes démontre qu'un secret de famille marque – radicalement parfois – toute une descendance. Telle cette tribu très attachante qui a laissé peu de place à l'élément masculin dans le huis clos familial, sans jamais en saisir la raison. Lia saura-t-elle transformer ce sentiment de trahison en pardon ? Sa colère en bienveillance ? Saura-t-elle rompre la fatalité du " cercle des femmes " pour s'ouvrir aux hommes et à l'amour ? Servi par une écriture originale, pleine de fraîcheur, Le Cercle des femmes est porté par une petite musique qui nous entraîne d'une page à l'autre dans une galerie de personnages féminins aussi touchants que fantasques.

Voici un premier roman qui est un véritable bijou et qui m'a plus que touchée. 
J'ai toujours aimé les histoires de famille, les sagas familiales et quand en plus c'est très bien écris, je ne peux que succomber. 

Sophie Brocas, de sa plume sensible, douce mais très profonde, nous raconte l'histoire de quatre générations de femmes. A la mort de son arrière-grand-mère, Lia se retrouve dans la maison de la défunte avec sa mère et la mère de celle-ci. Les souvenirs rejaillissent alors et un jour, Lia découvre, sous une armoire, une boite qui contenait un cahier et une lettre. Le secret de famille va être révélé et va bouleverser Lia, mais aussi le destin de toutes les femmes de la famille. 

Avec ce récit poignant, puissant, l'auteur nous embarque avec elle sur les routes de l'Europe, au coeur d'une histoire familiale. Ce secret va bouleversé la vie de Lia et l'amener à réfléchir, se poser des questions et même à changer de vie. Personne réel et intense, Lia m'a tout de suite plu. C'est comme si elle m'avait prise par la main et m'avait emmenée dans les traces de son histoire et de l'histoire des femmes de sa famille. Lia se remet en question et cela ma plu, c'est un personnage si réel et puissant qu'elle ne peut que vous toucher. 

Vous l'aurez donc compris c'est un livre magnifique, une histoire émouvante et une plume tendre, douce mais au pouvoir réel. J'ai vraiment hâte de pouvoir découvrir un autre ouvrage de Sophie Bracas. 

Anne Sophie, avec qui j'ai partagé cette lecture, à un avis similaire au miens et je vous invite à aller lire son avis ici.


jeudi 16 juillet 2015

[Stockett, Kathryn] La couleur des sentiments

La couleur des sentiments
De Kathryn Stockett



Jackson, Mississippi, 1962. 
Lorsqu’elle rentre chez elle, Aibileen, seule dans sa bicoque du quartier noir de Jackson, dîne modestement, écrit ses prières dans un carnet, pense à son fils disparu et écoute du gospel, du blues ou le sermon du Pasteur à la radio. Nurse et bonne au service de familles blanches depuis quarante ans, Aibileen n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Elle vit pour “ses enfants” – les petits Blancs dont elle s’occupe jusqu’à l’âge où ils changent –, les aime tendrement et met un point d’honneur à leur transmettre l’estime de soi, luttant comme elle le peut contre les idées racistes que leurs parents leur enfonceront bientôt dans le crâne. Aibileen est une âme généreuse, dotée d’une grande sagesse et d’une bonhomie attendrissante. Elle a la vitalité, la douceur et la rondeur d’Ella Fitzgerald. 
Dans les pires moments, elle peut compter sur sa meilleure amie, Minny, bonne et cuisinière chez les Blancs depuis son plus jeune âge elle aussi, une forte tête qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Entre un mari alcoolique à la main lourde et cinq enfants à éduquer, son quotidien s’apparente à une lutte de survie. Ainsi dissimule-t-elle sa sensibilité sous les traits d’une maîtresse-femme à la langue bien pendue, ce qui lui a valu d’être maintes fois renvoyée. D’ailleurs, sa nouvelle patronne, pin-up désœuvrée au comportement étrange, lui donne déjà du fil à retordre. 
C’est alors qu’arrive Skeeter Phelan. Vingt-deux ans et fraîchement diplômée, elle est de retour à Jackson où elle retrouve ses anciennes amies. Contrairement à elles, Skeeter n’a pas encore la bague au doigt, attache peu d’importance à ses tenues et sa coiffure, possède un esprit plus ouvert que la moyenne et souhaite plus que tout devenir écrivain. Lorsqu’on lui confie la rubrique ménagère du journal local, elle demande à Aibileen de lui donner des tuyaux. Elle apprend à la connaître et comprend bientôt qu’elle tient son sujet : il y a peu, une certaine Rosa Parks a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus ; un certain Martin Luther King se rend de ville en ville pour défendre la cause des droits civiques ; elle, Skeeter Phelan, va donner la parole aux bonnes de Jackson, leur demander de raconter ce que c’est qu’être une bonne noire au service d’une famille blanche du Mississippi, recueillir leurs témoignages et en faire un livre. Elle y tient d’autant plus que Constantine, la bonne qui l’a élevée et qu’elle aime profondément, a été congédiée par ses parents pour des raisons obscures. 
Ce projet fou auquel se rallient Aibileen et Minny va les mettre en danger et changer à jamais le cours de leur vie.

Pourquoi ? Mais pourquoi ? 
Pourquoi me suis-je entêtée et qu'il a fallu que ma super amie Anne Sophie choisisse ce roman pour notre rendez-vous littéraire pour que je me décide enfin à lire ce roman... cette merveille. 
C'est toujours pareil avec moi, quand un ouvrage fait l'unanimité, j'hésite toujours à le lire par peur de la déception ! Et finalement, quand je succombe enfin, c'est toujours un instant inoubliable ! 

Ce roman à trois voix nous conte l'histoire de deux bonnes noires américaine, dans les années soixante. Mais c'est au final l'histoire de toutes les bonnes noires qui nous est ici présentée !
Les heures sombres de la ségrégation... je n'avais que brièvement survolé ce pan tragique de l'histoire américaine, et finalement, après avoir refermé La couleur des sentiments, je constate que cette ségrégation, ce racisme est toujours présent aujourd'hui et pas seulement aux Etats-Unis.
Ce livre est un cri émouvant et déchirant ! J'ai été révolté par la manière dont les "blancs" traitaient finalement les "noirs". Et que même si certains, semblaient plus doux, plus conciliants, plus humains, ils étaient quand même bien raciste et ne préféraient continuer à exister parmi leur groupe d'amis (ou plutôt pseudo amis - communauté blanche) que de prendre la défense de la communauté noire ou de la soutenir ! 
Mais j'ai aussi ris grâce à Minny, Aibileen et Skeeter, elles m'ont aussi profondément émue, touchée... J'ai admiré leur courage, leur force et leur humanité. Car malgré tout ce qu'elles subissent, elles restent humaines et profondément gentilles. 
Leurs destins m'a bouleversé. Ce livre est une perle ! Sans tomber dans le sentimentalisme ou au contraire dans la révolte pure et dure, ce livre est un hymne à la tolérance, à la foi en l'autre et en l'humanité... ce roman est un livre qui même s'il parle des années soixante reste malheureusement contemporain et ancré dans l'actualité d'aujourd'hui (il n'y a qu'à regarder les informations de ces derniers mois, pour s'en rendre compte). 

Il est donc important, pour moi, de conseiller cet ouvrage à tous, que vous aimiez lire ou non (et il y a même le film, maintenant), afin que chacun est une prise de conscience et que les choses changent ! Que nous prenions tous enfin conscience que nous sommes tous unique mais que c'est ensemble que nous serons fort et que nous existons vraiment. 
Ce roman fut un vrai coup de coeur, alors plus aucune excuse, si vous ne l'avez pas encore lu, c'est maintenant qu'il faut s'y mettre ! 

J'ai eu la chance de découvrir ce roman, grâce à Anne Sophie et notre rendez-vous littéraire Am Stram Gram PAL ! Pour découvrir le roman que je lui ai proposé de lire et avoir son avis, rendez-vous sur la page de notre partenariat ici !


mercredi 8 juillet 2015

[Martin-Lugand, Agnès] Les gens heureux lisent et boivent du café

Les gens heureux lisent et boivent du café
D'Agnès Martin-Lugand



Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

Le phénomène de l'année... après maintes hésitations, il m'a fallu ma grande copine Anne Sophie pour que je me lance dans cette lecture. Et le résultat, c'est que j'ai un avis plutôt mitigé. Une fois n'est pas coutume, je ne me joins pas à tous ceux qui ont aimé et qui encense ce roman...

A l'ouverture du roman, Diane a perdu mari et fille dans un accident de voiture, depuis un an. Et, malgré le soutient de son ami et collègue de travail Félix, elle n'arrive pas à remonter la pente. Elle étouffe dans cette vie qui l'a meurtrie, qui l'a affaiblie et qui l'a rendu orpheline des deux grands amours de sa vie. 
N'en pouvant plus, elle décide de partir loin de tout ce qui faisait sa vie avec son mari ; loin de leur appartement, loin du café littéraire qu'elle tient en compagnie de Félix, loin de Paris... elle part en Irlande, c'est décidé ! 

Nous avons tous connu un événement (deuil, chagrin d'amour, épreuve, maladie, etc) qu'il nous a été difficile de surmonter. Nous pensions que cela serai impossible comme le pense Diane, mais finalement, la vie a reprit le dessus ; certes nous avons été transformé par cette expérience, mais nous avons survécu, chacun à notre manière. 
Diane a voulu s'isoler, partir loin, se couper de tout le monde et finalement, c'est là, dans ce trou paumé de l'Irlande (Mulranny) qu'elle va se frotter aux gens, certains bienveillants et d'autres un peu moins. Et finalement, c'est à leur contact qu'elle va reprendre le dessus et revivre. 

Je vais éviter de trop en dire sur l'histoire, car si quelqu'un sur cette planète n'a pas encore lu ce roman, je ne veux pas le spoiler. 
A l'ouverture du roman, j'attendais beaucoup de ce roman qui fait l'unanimité sur la blogosphère, mais aussi dans les médias. Ce livre est entré dans ce nouveau genre du "roman qui fait du bien" dont on entend parler partout. 
Si j'ai trouvé des qualités à cet ouvrage, j'ai aussi trouvé beaucoup de défaut et certains points m'ont carrément agacés ! 

Premier point négatif, tout était beaucoup trop prévisible ! J'ai sentie venir le moindre détail, le moindre événements. J'aurais voulu me tromper et être surprise mais non... 
Ensuite, arrivé aux deux tiers du livre, j'ai trouvé que l'histoire était bâclée. Tout à coup, on passait de la Diane dépressive, à l'agonie, ne voulant voir personne, à une femme qui partait à l'aventure en compagnie d'un homme pour un week-end romantique et qui tombait follement amoureuse ! Ce n'était tout simplement pas crédible et ça m'a franchement énervée.  

Passons au point positif : les personnages ! 
J'ai totalement craqué sur le personnage de Félix. Il est génial ce type ! C'est le genre d'amis que toutes les femmes rêves : il ne risque pas d'y avoir ambiguité car il est homo, et il est là, complètement déjanté, à faire la fête à vous soutenir, à vous faire rire ! Même quand il devient hyper lourd, il est adorable... j'ai donc craqué !
Autre personnage que j'ai plutôt beaucoup aimé (malgré ce qu'en a fait l'auteur dans le dernier chapitre) c'est Edward... Il m'a tout de suite envoûté avec son mystère. Il m'intriguait. J'ai tout de suite sentie que sous ses airs rustre, limite goujat, il avait un grand cœur et qu'il était même romantique ! Je me l'imaginais avec la carrure de Chabal (protectrice à souhait) et je visage de Tuoma Holopainen !!! Le kiffe quoi !
Et enfin, sa sœur Judith, complètement tarée et extravertie ! Une folle mais que l'on ne peut qu'aimer tant elle respire la joie de vivre et tant elle est adorable... 
J'aurais pu aimé Diane, mais son évolution m'a déçue et du coup, j'ai terminé le livre en la négligeant... Limite j'aurais voulu que le personnage principal soit Edward ou Félix. 


Bon, vous l'aurez compris, avec moi ce livre n'a pas tenue ses promesses. 
J'aurais aimé qu'il soit plus développé, que l'auteur prenne plus son temps. Alors que pour moi, la fin a été vite terminé pour passer à autre chose. 


Je crois bien que m'a comparse Anne Sophie n'a pas été totalement conquise non plus. Si vous voulez lire sa chronique, c'est par là que ça se passe !



mercredi 1 juillet 2015

[Morton, Kate] Le jardin des secrets

Le jardin des secrets
De Kate Morton 



Un labyrinthe qui cache un secret. Une conteuse victorienne dont l'oeuvre a disparu. Trois générations de femmes unies par une même histoire... 
En 1913, sur le port de Brisbane, en Australie, une petite fille de quatre ans est retrouvée abandonnée sur un bateau arrivant d'Angleterre, avec pour tout bagage une valise contenant quelques vêtements et un superbe livre de contes de fées. Recueillie par un couple, elle n'apprend son adoption que le jour de son vingt et unième anniversaire. Des années plus tard, Nell décide de partir à la recherche de son passé, en Cornouailles, au domaine de Blackhurst. A sa mort, sa petite-fille Cassandra poursuit cette quête et se rend à son tour en Angleterre afin de percer les secrets du domaine...

Le roman s'ouvre alors qu'une petite fille navigue en direction de l'Australie. Avec elle, une femme, mystérieuse conteuse. Nous sommes en 1913 et, la petite fille et la jeune femme seront séparé. La petite fille se retrouvera seule, avec un recueil de conte pour seul bagage. Elle sera alors recueillie par un couple, qui l'adoptera et lui révélera, à sa majorité, son histoire. 
Et, c'est finalement en 2005, que sa petite-fille Cassandra, poursuivra les recherches en quête des origines de sa grand-mère. 
En parallèle de cela, nous suivons Eliza Makepeace, une mystérieuse conteuse. Le destin de cette dernière semble lié à celui de Nell, enfant... 

Qu'on se le dise tout de suite, sans tourner autour du pot, ce roman a été un véritable coup de cœur. Tout, absolument tout m'a charmé. 
Ce genre de roman est exactement le genre qui me passionne, qui m'emporte, qui me fait m'oublier : une histoire de famille, des secrets, un destin hors du commun et pour ne rien gâcher, le tout sur fond victorien ! Allez savoir pourquoi, ces romans familiaux (ou saga familiale) m'ont toujours touchés. 
Et ici, je me suis vraiment attachée, d'une forte manière, à Nell, Cassandra et Eliza. Je suivais leur vie comme si finalement c'était la mienne... Elles et moi ne faisions plus qu'une ! C'est comme si cette quête d'identité était aussi la mienne. 

J'ai apprécié aussi me balader en Australie, en Cornouailles et dans le Londres victorien. L'ambiance qui se dégage de cette histoire m'a totalement conquise... 
Tout y est : mystère, personnage attachant, quête de ses origines, beaux paysages, secrets... 
A tout cela, vient s'ajouter la plume délicate, douce et savoureuse de Kate Morton. Je n'avais même plus l'impression de lire... je vivais cette histoire. J'étais elle ! 
J'ai oublié que c'est un livre, de 700 pages, que je tenais dans les mains. La manière dont est construit le récit m'a aussi beaucoup plus (plusieurs personnages, époques...). Et je vous rassure, cela n'est pas dérangeant ou handicapant pour savourer cette histoire. 
Vous l'aurez donc compris, je ne trouve aucun défaut à cet ouvrage. Et je n'ai maintenant qu'une seule envie, découvrir rapidement les autres ouvrages de l'auteur afin de retrouver sa plume, sa douceur mais aussi sa force ! Je vous invite vivement à découvrir ce roman, vous ne le regretterez certainement pas.


lundi 15 juin 2015

[Vann, David] Sukkwan Island

Sukkwan Island
David Vann
 
 
 
Une île sauvage du Sud de l'’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées.
C'’est dans ce décor que Jim décide d'’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'’échecs personnels, il voit là l'’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’'il connaît si mal.
La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu'’au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.
 
J'ai enfin succombé et lu le premier roman de David Vann, publié en France. J'aurais mis le temps mais je ne regrette aucunement : j'ai passé un moment intense et inoubliable ! En général, je n'aime pas lire un livre dont tout le monde parle et encense (en 2010, Sukkwan Island avait déferlé sur la blogosphère, tel un tsunami ravageur). Même si je me l’étais offert à sa sortie, tentée par le sujet, j'ai pris tout mon temps pour le lire...
 
Finalement, j'ai dégusté ce roman en quelques heures.
A l'ouverture du roman, Jim et son fils Roy, treize ans, débarque sur l'île de Sukkwan Island. Dans cette petite île du sud de l'Alaska il n'y a que la nature sauvage et une cabane de bois.
Jim, dentiste à Fairbanks a tout quitté, tout vendu pour acheté cette cabane et le terrain qui va avec. Pour projet : passé un an, seul sur cette île avec son fils, afin de resserré leur lien. Divorcé depuis quelques temps déjà d'Elizabeth, la mère de Roy et Tracy, Jim a laissé la relation avec son fils se dégrader, au point de devenir étranger.
Si, au début tout semble beau et attrayant, les choses vont très vite changer jusqu'à atteindre le point de non retour, le drame.
 
Jim est un homme volage, infidèle, égoïste et tellement superficiel. Tout de suite il m'a été antipathique. Il est faible et ne pense qu'à ses petits malheurs (dont il est souvent la cause première).
Roy est un jeune adolescent en pleine découverte de son corps, de sensations diverses et variés. Il est réfléchi, mâture pour son âge et généreux. L'inverse de son père... Si il a accepté cette aventure, c'est pour son père, pour lui venir en aide, car il sent, il sait au plus profond de lui que Jim ne va pas bien (et la suite du roman va confirmer ses craintes).
 
Le roman est divisé en deux parties. Dans la première, nous suivons les pensées, les sensations de Roy ; dans la seconde, nous suivons le père.
Si la première partie m'a permis de me mêler aux pensées de Roy, de mieux le connaitre et de l'aimer, il m'a aussi fait ressentir une antipathie face à ce père dont la folie et l'égoïsme sont palpable à chaque seconde ou presque.
Et, la seconde partie du roman à confirmé ce que je ressentais de Jim... Même quand un sentiment plus positif naissait en moi, à son égard, ce qu'il faisait ou pensait juste après le faisait retomber dans mon estime...
 
J'ai tout aimé dans ce roman, l'histoire, la manière dont l'auteur à construit celle-ci, les sursauts de l'intrigue (qui je l'avoue m'ont mis un sacré coup au moral !), la psychologie de ses personnages, sa plume magnifique et poétique, les descriptions sensationnelles de la nature sauvage si impressionnante et ensorcelante...
Pour moi, David Vann a tout d'un grand auteur ! Lu en quelques heures, tant je ne pouvais arrêter là et laisser Roy ou Jim sur cette île, je n'ai terminé ma lecture qu'au milieu de la nuit, vidée et à bout de souffle. Cette histoire m'a complètement retournée.
David Vann y explore, avec brio, les relations père/fils, la dépression, la folie, le désespoir face à la mort et l'incompréhension... Le décor est splendide et rend le texte encore plus intense et passionnant. Je suis complètement fan de ce texte, de ce livre et je n'ai qu'une envie, maintenant, découvrir une autre œuvre de l'auteur (que je vous invite à découvrir, si ce n'est déjà fait).