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lundi 21 septembre 2015

[Ecrits personnels] La cérémonie de Maître Chat.

Je partage avec vous le premier chapitre d'un texte pour enfant, que j'écris actuellement. 
N'hésitez pas à me donner vos avis, conseils et critiques ; c'est grâce à vous que je pourrais m'améliorer. 

La cérémonie de Maître Chat.
Chapitre I



Le printemps pointait enfin le bout de son nez, après de long mois d’hiver. Les cerisiers étaient en fleurs, le soleil réchauffait chacun et la ville avait pris une belle couleur rose. La nature reprenait enfin vie et le parfum des orchidées embaumait l’air. La ville s’éveillait aux chants des oiseaux et la foule peuplait de nouveau les rues, étroites mais pleine de charme. 

Maître chat, comme à son habitude, ouvrit les yeux alors que le soleil était à peine levé. Il s’étira longuement, ronronnant de plaisir. Il se leva et partie faire sa toilette dans la salle d’eau. La vapeur qui recouvrait le miroir permis à cet honorable chat de ne pas voir son reflet. Cela lui évita de constater son air fatigué suite au carnaval de la veille. Maître chat avait l’habitude de profiter de la fête lors des festivités du printemps. L’atmosphère était des plus joyeuse et lui-même se laissait souvent aller, fêtant ainsi dignement le retour des beaux jours. Mais aujourd’hui il fallait qu’il soit en forme car une journée chargée l’attendait. 
Après avoir enfilé son plus beau costume, brodé de fils d’or, il mit sur sa tête un chapeau couvert de plumes et sortie sur le pas de sa porte. La ville était déjà en ébullition et, une ribambelle d’enfants jouait dans le parc de l’autre côté de la rue. 
Maître chat ferma sa porte à clé et gagna la Place des Souvenirs d’où devait partir le cortège. Aujourd’hui avait lieu la cérémonie du Renouveau où les citoyens allaient enfin rencontrer le Grand Chat, qui prenait la succession de Catzen II. La foule était déjà présente sur la place, manifestant un grand enthousiasme, prête à défiler pour faire honneur au nouveau souverain. 
Maître chat, lui, devait mener l’attelage qui conduirait le Grand Chat de la Place du Souvenir au Palais Royal, de l’autre côté de la ville. Le cheminement à travers les rues ne prendrait que quelques minutes, mais il était de grande importance. 

Quand Minou 1er sortie enfin sur le balcon de la salle des fêtes, tous acclamèrent ce nouveau roi, qui faisait renaître l’espoir dans le cœur de ces milliers de concitoyens. Le temps n’était plus aux larmes, aux cris et la souffrance ; chaque citoyen espérait pouvoir enfin vivre dans la paix et la profusion sans craindre le lendemain. 
Minou 1er, âgé de dix-huit, était le chat de la situation. Tous avaient une confiance aveugle en lui. Le Grand Chat avait été élevé par une famille de condition moyenne et connaissait donc parfaitement les attentes de la communauté. Pour sauver la vie de nombreuses personnes et mettre fin à la barbarie, il n’avait pas hésité à faire un coup d’état, pour renverser Catzen II le tyran. 
Minou 1er s’était conduit de façon admirable, ne faisant pas couler le sang. Catzen II avait été banni du pays, sans violence. L’ère funèbre était aujourd’hui terminée et la joie était de mise. Le mur de la tyrannie était enfin abattue et tous pouvait célébrer le renouveau et le couronnement de Minou 1er. 

Maître chat, dans son costume bleuté, fit monter le Grand Chat et le convoi se mit en route, sous l’acclamation de la foule qui jetait, au passage du souverain, des bouquets d’ancolies, comme le voulait la tradition. 
Arrivé devant le palais, une fois que le Grand Chat eu fait son discours, Maître chat piqua une fleur dans sa boutonnière et repartie, le sourire aux lèvres vers sa demeure, où il pourrait enfin se reposer avant la grande fête du soir et les banquets en l’honneur de Minou 1er.

Texte non libre de droit, protégé par copyright.
Malorie LEDUC - 2015


dimanche 13 septembre 2015

[Ecrit personnel] Lettre à M. Courage.

À toi, monsieur Courage,

Je n’aurais jamais cru qu’un jour je lirais autant de souffrance, de douleur et d’incompréhension dans un regard. 
C’est assise derrière ma télévision, bien confortablement, que j’ai fait ta connaissance. L’objectif du cameraman s’est fixé sur ton visage et ton regard a transpercé mon âme. 
Ton regard perdu dans cette immensité bleutée, ton visage tendu vers moi, au milieu de centaines d’autres ; tes lèvres gercées par la soif et le sel des embruns ; ta peau brûlée par le soleil si cruel ; ils hantent ma vie pour l’éternité. 

Je ne connais pas ton nom ni ton âge, mais je connais une partie de ton histoire et je suis admirative, car malgré tout ce que tu as traversé et traverses encore, tu gardes espoir et tu aimes la vie. 
J’essaie d’imaginer toute la force et le courage qu’il t’a fallu pour quitter ainsi ton pays, tes racines, tes amis, ta famille et tout ce que tu possèdes. Tu as eu le courage de fuir l’horreur, la violence, l’outrage et la barbarie avec l’espoir d’un lendemain meilleur ; mais la déception était au bout du chemin. Tu ne le sais pas encore, mais tu as quitté l’atrocité pour un autre de ses visages. Tu pensais qu’après ce que tu avais enduré, tu trouverais une main tendue, mais tu te retrouves être l’instrument de la haine, de la peur et de l’incompréhension d’un peuple qui t’utilise, comme d’autres, pour justifier leur propos haineux, leur rejet de l’autre et leur racisme. 

On t’appelle migrant, mais pour moi ton prénom est Courage. Tu es l’homme qui représente tous ceux qui vivent les mêmes heures sombres que toi. 
On me dit naïve, dans mes propos, mes croyances ou mes émotions, mais il n’en est rien. Je connais l’horreur dont tu es victime, car la connerie et la méchanceté humaine, même si elle se cache derrière des centaines de noms, elle est toujours la même. Je suis juste maladroite dans mes propos, mais mon cœur est vierge de toute arrière-pensée. 

Ton existence, et celle des tiens, est liée à la mienne, car ton regard m’a bouleversé, toi qui assis dans un bateau coulant, à bout de force et hébété par la chaleur, la soif, la faim et la peur, a su rester digne devant le comportement insensible de ton pays d’accueil. Tu as bouleversé ma vie… 

Je n’ai pas de pouvoir, pas de milliard de billets en banque, mais je t’offre mes bras, mon cœur, ma voix pour te défendre et porter ton combat. 
Car ton combat, Courage, est celui de l’humanité entière, qui que l’on soit : migrants-courage, salariés, retraités, milliardaires, sans abris, sans papiers, sans travail… 
Ensemble, notre combat fera bouger les choses. C’est notre génération, solidaire, qui construira un monde meilleur. 

C’est avec maladresse, tendresse et sincérité que j’ai décidé de t’écrire ces mots, car mon cœur saigne devant ta douleur et que malgré tout, je garde l’espoir que nous nous lierons tous ensemble contre ceux qui mènent le monde et qui ne sont intéressés que par le pouvoir et l’argent. 

Courage, tu as changé ma vie, m’a donné une conscience et c’est avec cela que je veux me battre à tes côtés.


Texte non libre de droit, protégé par copyright.
Malorie LEDUC - 2015