mardi 6 octobre 2015

[Bosc, Adrien] Constellation

Constellation
D'Adrien Bosc



Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. 
Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend "nécessaire" ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? 

Le Constellation F-BAZN a décollé le 27 octobre 1949 avec à bord 37 passagers et 11 membres d'équipage. Direction les États-Unis. Afin d'effectuer un ravitaillement, l'avion devait faire escale sur une île des Açores. Le problème, c'est que la tour de contrôle perdra son signal et que le lendemain, on découvrira que l'avion s'est écrasé, emportant avec lui tous ceux qui étaient à bord.  
A bord, justement des personnalités telles que Ginette Neveu, la célèbre violoniste, Marcel Cerdan, le célèbre boxeur et amant d'Edith Piaf etc, ainsi que des personnes totalement anonymes qui partait pour raison professionnelle ou familiale en Amérique. 

Dans ce roman fort et puissant, au rythme rapide, Adrien Bosc nous raconte le déroulé du crash entrecoupé, par l'histoire des personnes qui étaient à bord. 
Si au début, les premiers consacrés à l'avion en lui même et à la technique ne m'ont pas emballés, très rapidement il en a été tout autre, lorsque l'auteur nous parle, petit à petit, des passagers et de leurs vies avant le crash. 
Tous les chapitres ne m'ont pas fait le même effet. Certains m'ont plus passionnés que d'autres. Mais, il n'en reste pas moins que j'ai énormément apprécié ce texte, cette histoire et ce qu'en a fait l'auteur. 

J'ai aussi apprécié la plume de l'auteur, travaillée sans être soutenue, mais d'un bon rythme. J'ai littéralement engloutie se roman et je ne regrette aucunement m'a lecture.
J'ai totalement compris et adhérée à l'engouement de la critique face à cette oeuvre. 

Je vous invite à découvrir ce texte, si ce n'est pas déjà fait. 

samedi 3 octobre 2015

[Birgisson, Bergsveinn] La lettre à Helga

La lettre à Helga 
De Bergsveinn Birgisson 



« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.

Je viens de vivre un moment de poésie inoubliable. Un moment intense qui m'a bouleversé sur plusieurs niveaux : émotionnellement par rapport à l'histoire de Bjarni et de ce qu'il nous raconte dans cette longue lettre, que par rapport à l'émotion que j'ai ressentie littéralement parlant face à une plume des plus magnifique et bouleversante. 

Bjarni est un éleveur de mouton dans la campagne islandaise. 
Au soir de sa vie, Bjarni écrit une longue lettre (qui raisonne telle une confession) à Helga son grand amour, sa voisine il fut un temps. Unnur, la femme de ce vieux paysan attaché à sa terre, à son village et à ceux qui y vive, est morte après cinq ans de longue souffrance. Helga quant à elle a perdue son époux il y a un an, d'un cancer. 
De retour dans sa maison, pour des vacances, la fenêtre donnant sur l'ancien jardin d'Helga et de son mari, Bjarni devient nostalgique et décide d'écrire à la femme qu'il a toujours aimé. 

Dès les premières lignes de cette lettre à Helga, j'ai su que j'allais passer un moment magnifique tant la plume, poétique de l'auteur, parlait à mon cœur. En quelques mots, j'ai été conquise par le talent de l'auteur est le reste du récit a confirmé cela.

Avec ce récit, on en apprend davantage sur la vie d'éleveur islandais dans les années 40. On comprend ce qu'était la vie alors, ces enjeux, ses non-dits. Bref, la vie quoi.... On découvre l'Islande, son histoire aussi.
Cette lettre c'est aussi de l'amour à l'état pur : pour une femme, pour une terre... Bjarni oscillera sans cesse entre les deux, jusqu'à sa décision finale.
Alors certes, je n'ai pas compris qu'il renonce à l'amour de sa vie, pour sa terre ! Par amour, je serais prête à tout, à tout quitter, à changer de vie... donc Bjarni m'a semblé pas si amoureux que ça, au final, mais j'ai compris aussi que sa culture, sa vie l'avait forgé différemment de moi, et que même si il avait refusé de suivre Helga, il ne l'avait pas moins aimé pour autant. 

Amour rime avec beauté, émotion mais aussi avec souffrance et, à travers cette lettre, c'est ce que l'auteur, de sa plume splendide, essaye de nous transmettre, de nous faire comprendre. 
Ce livre se déguste comme une gourmandise, il nous émeut aussi et au final, les pages défilent seules, et quand on arrive à la fin, notre coeur à chavirer, est blessé aussi, égratigné. 

L'amour, ce sentiment si merveilleux, si douloureux, dont aucun être vivant ne peut (ni ne veut) se passer est ici chanté avec brio. Mon cœur, mon corps en frissonnaient. Pour rien au monde, je ne voudrais ne plus aimer et ne plus ressentir toutes ces choses qui font que l'on se sent vivement !

Un ouvrage poignant, une plume saisissante, un lettre émouvant. Bref, un coup de coeur ! 

J'ai eu le plaisir de partager cette lecture avec mon amie, ma sœur, Anne Sophie, dont je vous invite à découvrir l'avis en vous rendant là-bas. 



vendredi 2 octobre 2015

[Vann, David] Impurs

Impurs
De David Vann



Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s'attache à faire revivre un passé idéalisé et l'étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation.
Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l'accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l'obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l'explosion.
Une fois que la noirceur de chacun se sera révélée au grand jour, rien ne pourra plus les préserver du pire.

Bon c'est dit, je suis totalement sous le charme de la plume de David Vann et de sa verve, de son imagination. Impurs est le second livre de l'auteur que je lis et, au-delà de son talent, ce que je ressens à la lecture de ses œuvres c'est un malaise, certes, mais un bouleversement dans tout mon être.

Galen à vingt-deux ans, il vit en compagnie de sa mère Susie dans une bâtisse du désert californien. Lui reste par soucis financier, mais sa mère le retiens car elle ne veux pas être seule ; elle garde Galen près d'elle tantôt le considérant comme son fils ou bien comme un homme... Galen lui, essaye tant bien que mal de lutter contre ses pulsions sexuelles.
Entouré seulement de femmes :  sa grand-mère ayant de l'argent, qui perd la tête et qui est internée dans une maison de retraite, sa tante Helen jalouse et très spéciale qui convoite les possessions des autres, sa cousine Jennifer, très sexy mais au cynisme détonnant... il tente d'échapper à tout cela, avec une spiritualité fumeuse, qui franchement, avouons-le n'est pas au top, et qui n'empêchera pas les choses de basculer.

Comme avec ma précédente lecture de l'auteur, je ressors de celle-ci épuisée, au bord de l’écœurement. David Vann côtoie la folie et nous entraîne, avec lui, dans ce qu'il y a de plus noir chez l'être humain. 
Avec David Vann, on comprends que la famille est toxique, que le mal pointe en chaque être et qu'il suffit d'un rien pour plonger totalement dans la folie, le sadisme et l'horreur. 

Galen est un jeune homme pour qui le spiritisme fait entièrement partie de sa vie. Il souhaite atteindre le Nirvana, jusqu'à pousser son corps et son esprit aux limites de l'entendement.
Si le malaise est là dès le début du livre (haine, mépris, jalousie, tensions sexuelles, mensonges et secrets) celui-ci va crescendo, comme il en avait déjà été le cas avec Sukkwan Island. 

Ma lecture fut tendue, émotionnellement et même physiquement. La nausée pointait son nez, le dégoût et la colère aussi. Quand la dernière page fut tournée, je me suis retrouvée exténuée, sans force... J'avais l'impression d'avoir perdue mon illusion et quelques années de ma vie. 
David Vann est un de ces auteurs qui vous bouleverse, qui vous malmène et dont vous n'oublirez jamais les récits qu'il vous offre. 
Avec lui, vous comprenez ce qu'est la réalité de la vie et son horreur, son sadisme. Quand on ressort d'une lecture d'un ouvrage de l'auteur, on a qu'une envie c'est de profiter de la beauté de ce qui vous entoure et de vous jeter dans les bras des êtres qui sauront vous rassurez ! 

Les histoires et la plume de David Vann trouvent échos en moi... ses livres me transforme et efface, à chaque nouvelle lecture, un peu plus l'enfant qui est en moi. 
Je n'ai qu'une envie c'est que vous lisiez ce roman, ou tout autre de l'auteur, que vous vous livriez totalement à lui, afin de vous laissez envahir par sa force et sa noirceur. 
Un coup de coeur, une fois de plus. 

  

jeudi 1 octobre 2015

[Marchal, Eric] Le soleil sous la soie

Le soleil sous la soie
D'Eric Marchal



Duché de Lorraine. En cette fin de XVIIe siècle, le chirurgien ambulant Nicolas Deruet tombe amoureux de Marianne Pajot, accoucheuse à Nancy. Accusé de négligence lors d’une opération où il perd son patient, Nicolas s’engage dans les armées de la coalition qui l’emportent en terre étrangère. Sans oublier Marianne, il mène un rude combat pour faire reconnaître sa profession.

Un roman historique, un gros pavé, des critiques élogieuses, un coup de cœur pour Gérard Collard, de la Librairie La Griffe noire, il ne m'en fallait pas plus pour avoir envie de m'y plonger et surtout de partager cette lecture avec ma meilleure amie, ma sœur, Anne Sophie.

Nous suivons Nicolas Deruet, un chirurgien ambulant en Lorraine, alors indépendante.  Nicolas est un homme ouvert d'esprit et aux pratiques révolutionnaires puisqu'il n'hésite pas à aller à l'encontre de certaines pratiques qu'il trouve déplorables, inutiles voir dangereuses. 
A l'ouverture du roman, Nicolas retourne retrouver son maître apprenti, celui qui lui a tout appris. Nous allons suivre ses pas à travers la Lorraine, mais aussi l'Europe, puisque Nicolas sera exilé un temps....

De peur de trop en dire, je préfère m'arrêter là pour le résumé et en venir directement à ce que j'ai pensé de ma lecture. 
Si celle-ci n'est pas un coup de coeur, il s'en est fallu de peu, j'avoue avoir déguster ce roman avec gourmandise et envie. J'aime l'histoire et j'aime les gros pavés ; donc sur ce compte là, je fus comblée !  J'aime également les belles plumes et les belles histoires ; et là encore mon attente fut satisfaite. La plume d'Eric Marchal est digne d'un Victor Hugo, d'un Guy de Maupassant ou d'un Alexandre Dumas. 
Mais alors, me direz-vous, pourquoi est-ce que ce ne fut pas un coup de cœur ? Pour la simple et bonne raison que cela vient juste de moi ! Et oui, disons que personnellement en ce moment, j'ai des petits tracas et que, avec une si longue lecture et si intense, j'ai parfois décrochée.
Et, comme ma comparse Anne Sophie, le seul reproche véritable que je ferais à l'auteur, c'est de ne pas m'avoir emmené à la Cour de Louis XIV... sinon, tout était parfait ! 

Eric Marchal est un de ces auteurs, rares, qui savent manier la langue de Molière avec autant de dextérité et brio que le ferait les mousquetaires dans un roman de Dumas. 
J'ai d'ors et déjà envie de lire un autre de ces ouvrages et de me délecter encore de son talent ! 

Je ne peux vous conseiller qu'une chose, que vous aimiez ou non l'histoire, c'est de découvrir Eric Marchal car je suis certaine que vous aurez un coup de coeur.

Je vous invite à découvrir l'avis de mon amie, Anne Sophie, par ici